07 juillet 2006
Cap au Nord : le Sahel
On est de retour à la capitale pour quelques jours chez Matthias qui nous fait généreusement partager la vie des coopérants. Juste le temps de rencontrer quelques personnes, de récupérer le sac d’Anael (sans le Comté : les salauds !) et on file à Dori tout au nord, c’est la porte du Sahel.
Là bas, il y a un projet intéressant qui se met en place. Et à l’origine de tout ça, un jeune rasta dynamique (sisi ça existe).
Jean a quitté la Côte d’Ivoire et a fait ses débuts en tant que guide à Dori. Puis il a décidé de travailler avec le village de Yakuta pour accueillir des touristes et créer un écovillage. Il s’est fait connaître en usant avec malice l’outil Internet, et accueille déjà 4 stagiaires françaises cet été. Il souhaite ainsi avoir une étude plus sérieuse sur le projet avant d’adresser des demandes de subventions. Nous, on y croit dur comme fer à ce projet !

On est parti avec nos grosses motos pour visiter le site de Yakuta. C’est un chouette village entouré de dunes mais à côté d’un barrage. On a été accueilli par le chef du village, d’autant plus impressionnant qu’il a 6 doigts à chaque main. Les autres membres du groupement sont aussi bien motivés, et on a eut le droit à une visite très complète sur le terrain, avec la future maison d’accueil, le centre artistique, le champ biologique…
On a vécu à la cool dans son local, avec Anne et Audrey, les deux stagiaires. Nos journées étaient à l’africaine, rythmées par le thé, la sieste et les matchs de foot. Anael nous a fait une petite frayeur avec sa douleur à l’orteil : il est quand même allé à l’hosto et on lui a prescrit un sérum anti tétanos. Mais en fait il s’est charcuté tout seul et il n’a plus rien. Il commence fort le 3ème mousquetaire !!
30 juin 2006
Yaouuh on est à Bobo
Voilà le rendez vous fixé, on se retrouve tous les trois à
bobo. Damien est à la bourre évidemment (il enchaîne les faux plans). Au bon
souvenir du « j’arrive mercredi matin à Bobo », nous arrivâmes tout à
la joie de retrouver notre bon Damien.
L’enjeu est néanmoins important : nous allons
rencontrer Koné bougadare, un consultant de taille dans le tourisme solidaire. 1
m 82, 68 kg et un paquet de victoires à son actif, il est le représentant
Echoway au Burkina Faso. Il vient nous chercher en mob avec son frangin Mory
Koné. Un ange. Ou plutôt un diablotin qui nous fera découvrir la vie nocturne
de Bobo, dont il est soi-disant l’un des meilleurs danseurs...
Nous habiterons chez eux pendant une dizaine de jours, découvrant ainsi les joies de Bobo et de la vie africaine en ville. Des mobs, du thé, du riz-sauce, des clips de musique ivoirienne du matin au soir, du djumbé et le foot nous occuperont entre les visites.
Notre équipe Agrotour se chiffre alors à quatre. Nous
commençons par découvrir des organisations « écotouristiques » (ce
terme bien que très décrié pour décrire un tourisme respectueux des populations
locales et de l’environnement est pourtant bien aimé ici en Afrique) aux
alentours de Bobo.
23 avril 2006
Chez Sacha à la Bahia Escondida
Sacha est suisse, artisan bijoutier et il a passé plus de vingt ans sur les routes. Il s’est finalement installé au Mexique, près de Catemaco, où il a monté son ptit truc. Son activité principale est l’élevage de poulets bio (le seul de l’état du Veracruz) à petite échelle, et sinon il reçoit des touristes. Disons le de suite, c’est à la cool, c'est-à-dire un dortoir ou des tentes pour dormir, et pour les repas on mange avec lui ou on se fait à manger dans sa cuisine.
C’est bien agréable après un séjour dans les communautés où tout est un peu plus strict.
A part les poules, les canards et les dindons qui courent partout, il y a quelques moutons, des chevaux, des chiens, un chat et des lapins en liberté (pour faire joli). Il y a aussi quelques souris et surtout une cotora (perroquet vert) avec un bon caractère : il habite sur la table et s’applique à faire bien tour tous les jours pour chier sur toutes les chaises… Moi d’entrée il m’a pas aimé, et dès que je passais à côté il essayait de me mordre. Une fois j’ai fait le malin avec mon doigt et j’ai vite regretté.
A part ça, c’est bien joli le coin, en bord de lac. On a pas mal bossé, notamment pour rattraper le retard du blog… Sinon Sacha avait un vieux 470 (bateau à voile) on a tenté une sortie mais assez infructueuse, on s’est retourné et on a abîmé un peu la voile…
Du coup quelqu’un a un plan pour une voile de 470 (ou 505 éventuellement), ça nous intéresse, écrivez nous à agrotour1@yahoo.fr
24 mars 2006
Chez Eric et Anna au Costa Rica
On quitte l’Equateur avec un vol pour Panama city, juste pour survoler la Colombie. Pourquoi ? Danger, agression, kidnapping, cartels puissants de la drogue et guérilla… bref c’est une destination rouge pour le gouvernement français. Au grand étonnement de tous les voyageurs qui ont traversé ce pays (magique parait-il) et de Juliana, la colombienne rencontrée au Cambodge, qui nous faisaient l’apologie de son pays, ses paysages et ses habitants chaleureux. On est ferait trop?
De Panama city, on verra que ses innombrables Mac Do sur la route de l’aéroport, et son immense terminal de bus : on va directement au Costa Rica chez Anna et Eric.
Eric restera une rencontre marquante, il est plein d’expériences et a la main sur le cœur. Il est français et a passé 6 ans à parcourir le monde à vélo. Il a écrit un livre sur son aventure (« Voyager à vitesse humaine », Eric Gay) au Costa Rica, et s’est là qu’il est tombé amoureux de Anna. Il s’est installé près de San José et s’est lancé dans le tourisme en proposant des séjours à thème différents de la route classique ultra fréquentée par les touristes. Il travaille aussi avec des initiatives de tourisme communautaire. Allez voir son site : www.internatura.frcr.com. On ne peut que le recommander si vous voulez découvrir ce pays, le séjour sera forcément enrichissant.
Ils nous ont accueilli les bras ouverts. On s’est posé quelques jours là bas, et on fait quelques excusions à la journée, profitant des nombreux parcs naturels pour faire quelques randos.
Visite intéressante : l’université EARTH (Ecole d’Agriculture des Régions Tropiques Humides). C’est un énorme campus de 3 000 ha… pour 500 étudiants seulement ! Un cadre parfait, les conditions idéales pour étudier (www.earth.ac.cr).
08 février 2006
Retour en terres connues
Bolivie : souvenirs souvenirs… De passage en Bolivie, j’avais hâte de prendre des nouvelles et de retourner sur les lieux de mon projet de l’été 2002. J’ai donc passé une journée à Ururo avec Jean Marie, le président de l’association Point d’Appui, avec laquelle nous avions travaillé (www.bolivie.org).
Le projet de l’été 2002 se déroulait près du Salar de Coipasa, dans une région très désertique, dans la communauté Chipayas. C’est sans doute l’un des plus vieux peuples d’Amérique Latine, bien avant les civilisations Tiwanaku, Nazca ou Moché…avant même l’apparition du soleil dit-on dans les légendes. Ils se trouvent actuellement dans l’altiplano bolivien sur un espace inondé 8 à 10 mois sur 12 (ils ont été repoussé, au cours de leur histoire, de la région fertile du lac Titicaca vers cet endroit désertique où la vie est très difficile). Ils ne sont aujourd’hui plus que 2000, et leur culture unique en Amérique Latine (parfois presentee comme fosiles vivants d une civilisation prehispanique)est en train de se perdre…
L’association Point d’Appui s’est lancée dans un grand programme d’aide pour ce peuple, puisqu’il est actuellement menacé de disparition : la population diminue, les jeunes partent en effet vers le Chili tout proche dans l’espoir de trouver de meilleures conditions.
J’ai passé 3 semaines dans le village avec 3 autres potos dans l’objectif de lancer la première phase : la construction de 200 mètres de gabions (grosses cages métalliques qu’on remplit de pierres) et la formation des habitants à cette technique afin qu’ils poursuivent d’eux même le barrage. Cette 1ère phase devait protéger les cultures de canahua, céréale locale particulièrement bien adaptée aux conditions du coin.
Deux ans et demi après, me voilà de retour… Que c’est il passé ? Notre projet a bien servi pour l’année suivante (ils ont eu une récolte !), mais après ça a foiré….Le Rio Lauca n’ayant pas de lit, le fleuve s’est déplacé et a à nouveau inondé les Chipayas. En plus, j’ai appris que les habitants n’ont pas continué le chantier…une fois qu’on était parti, les conflits entre communautés et familles ont repris le dessus…
Bon, c’est pas grave, ça ne fait que confirmer mon opinion sur les projets de jeunes pendant un été ou quelques mois : C’est une expérience personnelle énorme, à vivre, c’est beaucoup plus instructif et formateur pour nous, mais après quant aux conséquences et retombées sur place pour les locaux, il faut rester très modeste…
Pour les dernières nouvelles, des financements de l’UE ont été obtenus, l’IRCOD va réaliser une étude et le Rio Lauca va être endigué. Bon, c’est vrai à côté de ça, 4 jeunes qui débarquent pendant 3 semaines, c’est ridicule…
Un projet d’écotourisme pour le village Chipayas est à l’étude, ce qui, dans ce cas, serait un outil important pour la sauvegarde de ce peuple. Cela permettrait ainsi de retenir les habitants sur place, dans cette région hostile, en créant une source de revenu durable basée sur leur culture.
07 décembre 2005
Et c’est reparti
On se disait qu’on allait se faire une ou deux bonnes nuits à Bangkok pour récupérer. Et bien non ! On est tombé sur un bon filon ! On rencontre Peter Richard de l’ONG REST (responsible ecological and social tour project) vendredi à 12h. A 14h, sous l’invitation de Peter, on prend la décision de rejoindre un groupe de séminaire sur l’écotourisme communautaire qui fait un tour pilote dans un village au nord de Phuket (Share life in our community after Tsunami):10h de bus! On a 3h pour tout packer, faire quelques courses et se rendre au terminal de bus. La course reprend....
30 septembre 2005
Pluralisme jusqu au bout de la nuit
ca a commence par un resto avec pleins de stagiaires de Bangalore qui viennent d un peu partout dans le monde pour quelques mois. On s est bien cales le bide avec un meal, c est du riz a volonte avec huit sauces differentes plus ou moins epicees le tout servi sur une feuille de palmier (au passage, pierre n a toujours pas pri le plis des indiens a manger avec les doigts, il s en sort toujours avec l avant bras et la chemise plein de sauce, que dirait Florence...). Discussions internationnales au menu ou chacun explique ce qu il fait. Tiens on a rencontre un ptit gars du Wales qui commence aussi un tour du monde avant de commencer ses etudes de medecine. On a pris aussi quelques adresses dans les pays qu on traversera part la suite.
On se decide d aller tous ensemble prendre un pot, une Kingfisher sil vous plait. Puis la mouvance nous emmene au Taika, une espece de bar dancant ou jeunes indiens et etrangers viennent guincher. La, tandis que pierre expose sa technique de dehanche a un hollandais, je mets en place ma dance de petit francais tres tendance. Ca nous a valu la rencontre de Michel. Michel est un francais de Marseille originaire de Djibouti et travaillant a Bangalore. C est avec lui et ses potos (1 iranien, 2 ethiopiens et 1 soudanaise) qu on va finir la soiree...chez 2 suisses rencontres en sortant du Taika. Quelle langue choisir? On serait tente par le francais, mais ca serait mettre a l ecart certain. Ok, on mets en place un petit jeu avec sanction pour celui qui parle francais. Cest l anglais qui, une fois de plus, est de rigueur. Michel le Djiboutien s enflame sur des citations de Lamartine et Baudelaire, tandis que ca discute geopolitique de l Iran sur la gauche. Beau pluralisme culturel!







