16 août 2006
Village AHEME
La région de Possotomé est réputée pour son attrait touristique et sa source thermale de bienfaisance. Nous avons passé une semaine dans l’hôtel « village AHEME », au bord du lac portant le même nom. Ce projet de tourisme et développement date d’une vingtaine d’année et comporte trois pôles : une ferme employant une quarantaine de personnes et dont les produits servent pour la restauration des clients de l’hôtel.
Ce dernier emploie également quarante personnes et accueille principalement des touristes et des séminaires. Le troisième pôle est un centre de nutrition qui recueille des enfants de la région atteint de malnutrition. Le principe de fonctionnement de l’ensemble de la structure est que les clients viennent travailler à la ferme une partie de la journée. Nous avons donc dans la joie et la bonne humeur, nettoyé les cages des agoutis (sorte de ragondin), déchargé quelques bennes de maïs, égrainé les épis. Nous sommes même allé au champ récolter le maïs dans une ambiance chantante.
Une fois le boulot terminé, quartier libre pour visiter les alentours. Nous avons rencontré aussi une ONG du nom de Eco-Benin qui propose des circuits touristiques sur le site de Possotomé. On a donc eu l’opportunité de voir des
singes aux abords d’une forêt sacrée puis nous sommes allé pêcher au filet sur le lac. Un autre article détaillera mieux leur activité sur le site.
25 juillet 2006
DOUDOU
A partir du 8 juillet nous avons intégré un groupe de touristes solidaires parti avec TDS. Direction doudou, un village d’accueil a environ 150 bornes de ouaga. On savait pas trop à quoi s’attendre quant au voyage organisé. Le groupe était composé d’une famille avec 4 enfants, un couple de jeune, une mère et son fils et quelques femmes mures voire plus, la trentaine bien tassée quoi... Du coup on a pu mettre notre grain de sel puisque il manquait les jeunes qui te montent la mayo !
Le premier jour on nous présente l’emploi du temps de la semaine, on nous explique le fonctionnement du village et après on visite, tout ceci dans un contexte très formel avec à chaque fois 3 ou 4 discours introductifs et autant pour la conclusion. 
Quelques explication sur les villages d’accueil : TDS a visité au départ plusieurs villages de brousse dans lesquels, il semblait y avoir une cohésion et une motivation pour monter un projet de tourisme solidaire. Ainsi 4 campements de voyageurs ont vu le jour dans 4 villages différents. Le but étant de créer une activité qui dynamise le développement du village et les infrastructures telles que les forages, les écoles, les dispensaires…Et même si les employés ne gagnent pas mieux leur vie en travaillant au campement, ils sont motivés par le fait qu’ils participent au projet.
Donc au programme, la tradition veut que l’on rencontre le chef du village et le chef coutumier. On lui apporte la noix de cola, une espèce de pêche pas mure sacrément amère. Apparemment ils se régalent ! Le reste de la semaine est se passe au gré des activité et du temps. Youpi ! demain travaux champêtre. Nous au taquet on se lève à 6 heures du mat, chaud pour manier la daba (pioche locale). Résultat on a du bosser 2 minutes chacun parce que les guides s’inquiétaient que les blancs ne souffrent d’insolation. S’en suit une visite chez la potière, la vannière et après direction le foot ; la France est en finale, ça c’est solidaire !

Bref l’ambiance de la semaine était plutôt détendue dans un endroit fort sympathique.
06 juillet 2006
Chez Richard le catéchiste de Niansogoni.
Après deux ou trois projets à proximité de la ville,
nous décidâmes de conquérir le far far south-west dans la région de Baguera. Notre
contact c’est Richard. Il est investi dans plein d’actions au sein de son
village, donc un chouette projet de tourisme. La région est appelée
« grenier du Burkina », il y a de l’eau donc l’agriculture marche du
tonnerre : maïs, riz et plein d’autres choses. Nous atterrissons dans un
petit campement tout mimi avec vue sur la montagne au-dessus, qui ne doit pas
être loin du 2e point culminant du pays avec ses 550 m.
Le premier jour nous visitons un ancien village troglodyte protégé par un surplomb dans la falaise. Le lendemain debout aux aurores pour un trek sous le soleil de plomb. Nous bivouaquons dans le village de Faon juste à coté de la fontaine où l’on a pu voir le défilé des femmes collectant chacune son tour le précieux liquide de 6 à 8 h du matin. Un jour et demi plus tard nous voilà de retour au campement (sacrée rando !). On a gardé l’ascension de ce fabuleux pic pour le dernier jour.
Pour le dernier soir, on avait gardé la surprise d’anniversaire des 23 ans de Damien : Dolo, Pastis, Méchoui et balafonistes dans une ambiance très chaude sur la danse du n’importe quoi. Cela consiste à bouger dans tous les sens voire à se rouler complètement par terre pour les plus expérimentés.
Après
une bonne nuit de quatre heures de sommeil et mal au crâne, on était optimal
pour un voyage en taxi-brousse surbondé.
Autour de Bobo
Quelques jours de visites sur des projets intéressant autour de Bobo Dioulasso nous ont permis de voir du pays en mobylette.
Le vieux village de Bobo : C’est le premier quartier
historique de la ville, qui a gardé une grande indépendance et beaucoup de
tradition. Avant les touristes venaient seuls ou accompagnés de guides qui
n’étaient pas du quartier, et cela posait des problèmes vis-à-vis de la
population. Aujourd’hui « l’association des guides musiciens de
Bobo » est créée et un de ses membres accompagne chaque visiteur. Dans
l’idée c’est mieux, mais dans les faits c’est pas transcendant : on passe
par les magasins de ses potes, c’est vraiment crado et on a un peu l’impression
de se faire bobarder…mais bon c’était quand même sympa.
La forêt classée du Kou : à une vingtaine de km de
Bobo, c’est la dernière « forêt-galerie » de la région, et elle
abrite aussi les sources qui alimentent la région. Or depuis bien longtemps les
gens viennent se baigner dans les sources et abîment le lieu. Le travail,
financé par la coopération luxembourgeoise, a donc été de protéger la forêt,
déplacer la baignade et surtout organiser un tourisme qui serait guidé et géré
par les groupements villageois. Cette année les premières pluies ont emporté la
plupart des aménagements, mais le travail continue.
Le village de Koumi : c’est un vieux village
traditionnel à une vingtaine de km de Bobo. On trouve l’association des guides
à l’entrée du village, au bistrot. Pour discuter on leur paye un ptit
remontant, et la réponse la plus fréquente est « pas de problème ».
On rigole bien, surtout qu’on est dimanche matin, que le samedi on a bien
festoyé et qu’on les a accompagné au pastis. C’est parti pour la visite, un peu
n’importe quoi avec des échanges du type « et ça, c’est un
dancing ? » « non non, c’est une tombe ». Tout le monde
nous demande des cadeaux, on fait peur aux enfants… Le village est bien joli
quand même avec pas mal d’éléments intéressants, mais par rapport à tout ce
qu’on a pu voir dans les autres pays, c’est clair comme de l’eau de
roche : c’est bien plus à l’arrache en Afrique…
07 mai 2006
Cactus party à Zapotitlan
Dans le sud de l'état de Puebla se trouve la plus grande réserve de cactus
du monde...et nous on y est allé avant de rejoindre la capitale. L'idée c'est que depuis très longtemps tout le monde venait piquer des cactus pour leurs propriétés nutritives et médicinales, même les japonais qui en emportaient par bateaux entiers.
Mais un jour le statut de réserve a été déclaré, et les communautés du coin ont commencé à se dire que ce serait con de se faire tout piquer... Comme les terres appartiennent à tout jamais à la communauté, que personne ne peut rien faire dessus sans l'accord du conseil, et que les gens étaient vraiment motivés, ça a un peu simplifié les choses. Bref ils ont commencé à protéger les cactus, à les présenter aux touristes, à vendre le miel de cactus, à faire les repas à base de fleur de cactus...et ils ont raison!!
Nous on est passé pas longtemps, mais les gens sont bien sympa ils nous ont hébergé sur un toit donc coucher et lever de soleil au milieu des cactus de 10m de haut, visite guidée avec des spécialistes des cactus, donc pour les impressionner le guide a nommé les 150 espèces de cactus du coin, on était un peu à
la rue malgré nos récentes études d'agronomie.
Au final c'était quand même vraiment beau, ya pas à tortiller, mais c'est surtout les images qui parlent, moi j'ai du mal à raconter beaucoup de trucs sur les cactus...
30 avril 2006
Cuetzalan et … ses femmes !!
Cuetzalan est une petite bourgade dans la sierra du nord de l’état de Puebla. Max et Lionel, deux collègues d’EchoWay qui ont passé deux mois à expertiser des lieux au Mexique, nous ont vivement conseillé de venir voir les projets de Cuetzalan, et notamment … pour leurs femmes !
C’est en effet 45 femmes débordantes d’énergie qui sont à l’origine de ce projet de tourisme communautaire. Pour nous, c’est aussi l’occasion de découvrir une autre problématique dans l’écotourisme. L’hôtel Taselotzin se trouve dans la ville de Cuetzalan, et constitue donc une bonne opportunité pour tous les tourismes (essentiellement de Mexico) de choisir une structure communautaire.
La région est magnifique, verdoyante et très ensoleillée, entourée de plantation de café, de poivre et de chili. On s’est fait quelques balades bien sympas jusqu’à des cascades.
La culture est encore très présente. Les indigènes parlent tous le « Nawak », et les plus vieux d’entre eux ne comprennent même pas l’espagnol.
Il y a une forte empreinte indigène dans la région, et nous avons trouvé beaucoup d’initiatives communautaires dans le milieu de l’écotourisme ou de l’agriculture biologique. On peut vous parler des femmes (encore !) de Yohualitchan. Elles ont monté leur resto traditionnel près d’un petit site archéologique (où il ne reste plus beaucoup de ruines puisque les pierres ont été utilisées pour la construction de l’église et des routes…!). Elles font de la cuisine avec des plantes ancestrales et de l’artisanat avec des techniques transmises de mères en filles. Et le tout avec la bonne humeur et pleins de blagues : sacrées femmes !!
27 avril 2006
Rencontres passionnantes à Las Cañadas
Depuis notre arrivée au Mexique, on nous parle de Ricardo. Ricardo le précurseur en agro écologie, Ricardo et son ranch d’un autre type, Ricardo qui forme les communautés à l’écotourisme, Ricardo et son projet délirant, Ricardo par-ci, Ricardo par-là…
Après la tranquillité de Soyaltepec, on passé deux jours dans le projet bouillonnant de Las Cañadas. Le père de Ricardo avait un ranch de 300 ha avec une production intensive de bovins. Arrivé à la tête de l’exploitation, il décide de changer de direction. Il se tourne vers une production biologique, et c’est l’ensemble de la propriété qui se transforme. En dix ans, les prairies desséchées se sont transformée en forêt humide en pratiquant une reforestation, le cheptel de bovins est devenu une petite production de vaches laitières avec transformation en fromage biologique et il crée une activité d’écotourisme. Tout est pensé de manière écologique ici : récupération des eaux de pluies, bio digesteur, fonctionnement au solaire, toilettes sèches, eaux grises traitées par des plantes aquatiques, etc. On a été bien impressionné par ce bonhomme de 35 ans seulement, aux nombreuses idées et entreprises réussies, qui a pris le temps de nous expliquer toutes les facettes de son projet.
Hector Marcelli est le fondateur de Bioplaneta. Nous l’avons rencontré aux Cañadas qui est décidément un lieu de
concentration de grandes idées. C’est une organisation qui aide à développer les initiatives concernant l’agriculture biologique, le commerce équitable et d’écotourisme. C’est devenu un réseau de 60 coopératives et 6 ONGs qui assure des formations, aide à la promotion et à la commercialisation de produits équitables. Cela permet ainsi à des paysans bio de trouver des débouchés à l’internationale grâce aux partenariats de Bioplaneta. Ca a été encore une longue discussion intéressante…
24 avril 2006
L’île de Soyaltepec : une merveille…
C’est un sitio super sympa, une petite île de granite où près de 300 familles se sont installées il y a 50 ans suite à la construction d’un barrage qui a inondé leurs terres. Ca donne un paysage féerique, notamment en fin d’après midi lorsque la lumière rougit sur les multitudes de petites îles… C’était la semaine sainte lors de notre passage (ce qui peut excuser certains d’abuser sur la bière), et on est arrivé pour le grand tournoi de foot du samedi après midi. On a misé sur une équipe bien sympa, avec qui ont a rigolé toute la journée, même s ils ne nous ont pas laissé jouer… Ce projet nous avait déjà tapé dans l’oeil depuis la France lorsque nous préparions l’Agrotour. Nous avions prévu d’y faire un tour dans tous les cas…
C’est un projet d’écotourisme qui a tout pour lui, mais malheureusement il manque des gens motivés. On a été un peu déçu par le groupe investi dans le projet, qui ne l’était justement pas… C’est aussi « el pais de los borrachos » : de 6h du matin à 9h du soir, on rencontrait toujours des mecs tout saoûls…mais rigolos.
On a passé du bon temps là bas, à profiter de la tranquillité de l’île. Il n’y a aucune voiture, seuls quelques ânes circulent…
On a fait un peu de kayak, et notamment un soir on a tenté le tour de l’île. On est parti à 18h sous l’œil craintif de Elfrain, pour arrivée à 21h en plaine nuit ! Mais c’était un très bon moment de le laisser glisser sur l’eau chaude au milieu des petites îles sauvages, de voir toute sorte d’animaux, dans le calme de la nuit tombante
22 avril 2006
A Miguel Higaldo
A Miguel Hidalgo l’idée est la même qu’à Lopez Mateos, mais la communauté est plus grande et moins de gens sont investis dans le projet touristique. Il en résulte une ambiance plus familiale, avec des enfants partout. L’équipe est vraiment adorable, on a bien accroché avec les locaux, qui viennent passer la journée avec les touristes, accompagnés de leurs enfants, et sont bien marrants.
Comme on est arrivé en même temps qu’un groupe, on a dormi dans le hangar à outil, sur des lits en toile. On a bien dormi sauf quand il a plu sur le toit en tôles. Le fait d’être avec un groupe était assez marrant, ça change… C’était un groupe de Mexicains de la capitales, d’âge mûr mais très sympas on a bien discuté et appris sur le Mexique des villes.
Le programme était basé sur les marches (jusqu’à 6 ou 7 h par jour) pour aller voir les cascades ou les autres jolis coins de la région. Il y avait un mirador pour mater les toucans le matin au lever du soleil, et une nature vraiment belle tout autour, on aurait dit un peu la suisse en plus tropical côté végétation.
21 avril 2006
A Lopez Mateos
Lopez Mateos est le projet déclencheur de tout le réseau. Eux ont aidé aidés par des universitaires, ont reçu des formations et, quelques années après, ont entraîné les 3 autres communautés dans la même voie. (Un beau descriptif du projet est disponible sur www.echoway.org )
Ils ont une conscience écologique très marquée et prennent soin de leurs ressources naturelles, notamment grâce au tourisme. Nous avons pu profiter un paquet de fois des cascades et des rivières pour se baigner, et de la forêt tout autour du village dans les montagnes. Les repas se prenaient dans les familles, et on avait une belle cabane pour dormir. Nous avons passé pas mal de temps à discuter avec les différents responsables, et ils adorent parler même devant la caméra, donc on a du texte pour le film. Les gens étaient vraiment très gentils, et on avait quelques copines de 5 à 7 ans très rigolotes.
Un soir on a fait une excursion dans la montagne pour camper dans la forêt. On avait un point de vue pas mal sur tout le parc naturel des Tuxtlas, et un lever de soleil bien mimi. On a pu voir pas mal de gros insectes, un mammifère bizarre et une tarentule de la taille d’une main…



