29 août 2006
Le Togo en pirogue: une trentaine d'heures A/R








A peine rentré du nord, on enchaîne
pour une petite expédition en pirogue dans le but de visiter un
marché au Togo.
On embarque, à vrai dire on s’embarque plutôt…, on sait pas trop dans quoi.
Finalement ce n’est qu’un tronc d’arbre coupé en 2 mais un sacrée tronc !
Nous
voilà sur la lagune avec notre embarcation, cheveux au vent, solidement
accrochés et traçant notre sillon au fil de l’eau, à peine plus vite qu’à
pied. Bon, si on regarde la carte, on a juste 50 km à faire, si on rame bien ça
va le faire dans la journée. Mais pas de rame pour nous, juste 2 cannes pour
pousser à partir du fond.
L’ambiance à bord fut à la belote, à
la désaltération, et autres occasions d’honorer les divinités du voyages avec
un peu d’apéritif local. Au milieu de l’après-midi, petit arrêt sur une plage
paradisiaque de l’océan, moment pour nous de croquer quelques vagues, et de
rencontrer les
chippendales.
Deux repas après et une sieste nocturne jusqu’à 3h du matin, on débarque sur le sol togolais. Là, un douanier arrive en se frottant les mains : « des clandestins blancs, je vais régaler la soirée de demain ». Après un moment de négociation, on s’en tire pour 2000F CFA/pers, et le droit de visiter le marché le lendemain.

Ce que l’on fit, avant de repartir
pour 15 h de pirogue assis sur des planches. Le temps est une autre dimension
dans
ces moments là, qu’il faut réussir à apprécier (« quand c’est qu’on
arrive ? »). Les nerfs flanchent. On voit alors dans le futur, la
bonne bouffe en arrivant… On s’arrête dans un village pour acheter Jean-Baptiste,
un cochon fort sympathique. De retour, on a préparé tout ça au village de
Ouakpé Daho, vous savez celui où on a fêté l’anniversaire de Gaetan. Eh bien
cette dernière journée y ressembla beaucoup mis à part quelque cérémonie.
28 août 2006
Cap encore plus au nord vol n°2

On continue la route de Dassa
vers le nord, direction Nattitingou. Etonnement, plus on avance plus les routes
sont bonnes (il paraît que c’est politique, le président sortant est du Nord) ;
tellement bonnes
qu’en pleine courbe, le chauffeur concentré à bloc sur le
poste de pilotage, le réacteur arrière gauche nous lâche. La suite se passe
dans les étoiles, avec des cris,…on va s’écraser. Le calme revenu, on descend
de bord, toujours en pleine courbe ; bon ! C’est que le pneu.
Première chose, éviter le sur-accident en posant des balises.
Bon, on
arrive le soir à Natitingou, on trouve un hôtel, on se donne rendez-vous pour
le lendemain. Zaï ! Départ en moto dans la matinée, à nous les pistes
rouges de l’ouest. On se rend 45 km plus loin, on fait le marché pour le repas
du soir, deux poules seront au menu bien qu’une seule nous aurez
largement
nourri.
Après, une
bonne journée sur la route, comme des vrais rider, rien de tel qu’une bonne
nuit dans une Tata (maison traditionnelle du nord du pays). Remarquez la forme
de la porte
d’entrée, c’est pour faire rentrer les vaches. Les cahutes à
l’étage sont soit des chambres, soit des greniers où ils stockent leurs
graines.
Le matin,
on se réveille, on rentre à Natitingou sous la flotte et on enchaîne pour une
petite rando de 15 bornes avec à l’arrivée, chutes d’eau, piscine et
barbecue. Une
jolie fin de semaine, et puis on rentre à Cotonou. Ce petit circuit est une
partie de l’excursion proposée par « Double Sens »(cf. l’article
« 2 initiatives intéressantes au benin ») .
25 août 2006
Cap au Nord vol 1

Un nouvel arrivant à signaler: le Fus, autre énergumène de l'INA P-G. Il est en congés payés et vient ajouter son potentiel à celui, déjà élevé, du groupe.
On met de suite le cap au Nord du Bénin, à 10 dans une bonne
vieille 405.
Sur le chemin se trouve Dassa, ville au coeur de collines rocailleuses sur lesquelles il est officiellement possible de monter. Le paysage est vraiment superbe, et comme on a envie de gambader on se dit qu'on pourrait monter vite fait, en 1 h on est de retour et zou on continue la route. Le pote du
chauffeur, ni une ni deux, nous emmène en bas d'une colline et on commence à grimper. On rencontre vite un gars qui nous dit que c'est sacré, donc on peut monter mais il faut le payer et payer aussi un gamin qui va nous accompagner. On paye et on commence à monter, mais c'est pas un GR le truc, ça tourne vite à l'expédition, toujours dans un superbe paysage: sauts, grimpette, branches de partout, demi-tour, sites sacrés où il faut laisser quelques sous.
Nous avons pu développer l'entraide et la cohésion du groupe, avec plus ou moins de succès.
On finit par arriver en haut, mais le guide a dit que c'était pas le haut, donc on a continué la mission, on s'est un peu perdu, on a fait le tour d'un gros bloc...
Résultat, on est revenu 3h plus tard à la voiture et le chauffeur était un peu furax, mais finalement c'était vraiment une chouette balade.
24 août 2006
Le tourisme à Ganvié, c'est beau mais ya du boulot...


Ganvié est le premier site touristique du Bénin: en pleine saison ce sont près de 200 touristes par jour qui viennent visiter la "Venise de l'Afrique", village sur pilotis auquel on accède en pirogue. Accompagnés de Gaet, sa soeur et sa copine, nous y avons fait un petit
tour sur invitation de Eco-Bénin. (De gauche à droite sur la photo:
Flore la soeur, Flore la copine, Damien, Anael, Pierre et Gaet).
Autant dire que c'est superbe...
Mais il y a un problème: tout le développement touristique du lieu s'est fait
de manière inorganisée et surtout sans aucune consultation de la population locale, parmi les plus pauvres du pays car ils ne peuvent pas cultiver et le poisson se fait de plus en plus rare.
Le principe, c'est d'emmener les touristes en bateau pour se balader dans le village, acheter quelques souvenir et voir à quel point c'est beau et comme les gens sont pauvres. Les guides se battent pour emmener les gens, n'ont aucun respect pour les locaux et font pression sur les hôteliers et les restaurateurs.
Résultat il n'y a aucune retombée pour les villageois, qui voient défiler des hordes de touristes dans des bateaux avec des appareils photo braqués dans toutes les directions. Pas de contact ni de dialogue, sauf des fois les gens jettent des stylos ou des sous. Du coup c'est l'endroit le pire de toute cette année d'agrotour au niveau mendicité et incompréhension entre touristes et villageois. "Yovo cadeau" (Yovo veut dire blanc) et "donne l'argent" sont presque les 2 seules phrases que les villageois adressent aux touristes. L'année dernière ils ont jeté des pierre et interdit la visite, mais ils ont cédé sous la pression du ministère du tourisme.Le ministère a décidé d'intervenir, et voilà le résultat: un
grand panneau avec des prix fixés pour les visites, et un gars payé pour récolter les 25% que le ministère s'octroie en échange. L'embarcadère est sale, très mal organisé mais il est interdit d'embarquer des touriste d'un autre endroit, car l'agent ne pourrait percevoir sa dîme...
Nous sommes allés là-bas avec Gauthier, le coordinateur d'Eco-Bénin (voir articles précédents) qui cherche à agir pour trouver des solutions, notamment dans son travail avec Christopher, le gérant d'un des hôtels de Ganvié: favoriser la rencontre entre touristes et locaux, reverser une partie des bénéfices aux villageois pour des projets précis comme la lutte contre les jacinthes d'eau, qui envahissent les eaux. Les batons dans les roues sont nombreux, et le touriste compréhensif rare. Par exemple un groupe de noirs américains, qui étaient avec nous dans l'hôtel,
avaient amené plein de stylos qu'ils sont allé jeter cérémonieusement aux enfants...
Nous sommes allés voir la fin d'un match de foot (annulé pour cause d'envahissement de stade par le public durant la séance de pénaltys), et vraiment la sollicitation était rude, des dizaines d'enfants qui n'ont qu'un seul mot à la bouche: cadeau le blanc, donne l'argent. Dur dur... Du coup Damien a tenté une petite danse pour changer de sujet, mais ça a pas duré longtemps...
Bref un bilan vraiment peu glorieux du tourisme, à qui je décerne la palme agrotour de la pire gestion touristique.
16 août 2006
Parcours santé
Nous avons attendu une certaine avancée du voyage pour faire un petit bilan santé sur l’ensemble du séjour. La fin du Burkina fût relativement animée sur ce point pour le trio agrotour. Arrivé au Bénin nous sommes passés dans le niveau au dessus. Quatre autres protagonistes sont entrés dans la compétition parasitos. Commençons donc le bilan chronologiquement avec anaël qui nous a enchaîné une belle série dans le village d’accueil TDS de Boala.
« Le lendemain de la réception de l’ambassadeur, je fut pris d’une douleur très intense au dos et aux côtes. Je pouvais à peine respirer et aucune position ne m’était confortable. » témoigne-t-il. Ce mal de dos lui est resté trois jours suivi d’une migraine constante pendant trois jours de plus. Dans le même temps Damien fut atteint de démangeaison à l’entre cuisse. Champi ? mycose ? Nous penchons pour l’hypothèse d’un vers qui remonte dans le corps à partir d’une blessure au pied. Pierre pendant ce temps, mine de rien, a passé la semaine en haut de courbe de liquidité, tout en essayant de guérir ses blessures aux pieds (pratiquement les mêmes que Damien). Cela fait bientôt un mois et elles ne sont toujours pas résorbées. Je crois qu’il va les ramener en France.
Désolé pôur la qualité visuelle de la courbe.... les joies de l'informatique! Bon le principal c'est qu'on voit qu'anaël est quand même le gagnant.
Voilà, rapide bilan santé au cours du voyage, et puis on s’est dit qu’on allait vous donner une ou deux photos bonus en plus de la courbe d’aquosité.
Quelques champi à gauche muni de 4 beaux furoncles et sur votre droite un bel abcès percé avec succès. Nous espérons que les âmes sensibles ne nous tiendrons pas rigueur de la réalité médicale. Nous tenons anonymes les intéressés.
Village AHEME
La région de Possotomé est réputée pour son attrait touristique et sa source thermale de bienfaisance. Nous avons passé une semaine dans l’hôtel « village AHEME », au bord du lac portant le même nom. Ce projet de tourisme et développement date d’une vingtaine d’année et comporte trois pôles : une ferme employant une quarantaine de personnes et dont les produits servent pour la restauration des clients de l’hôtel.
Ce dernier emploie également quarante personnes et accueille principalement des touristes et des séminaires. Le troisième pôle est un centre de nutrition qui recueille des enfants de la région atteint de malnutrition. Le principe de fonctionnement de l’ensemble de la structure est que les clients viennent travailler à la ferme une partie de la journée. Nous avons donc dans la joie et la bonne humeur, nettoyé les cages des agoutis (sorte de ragondin), déchargé quelques bennes de maïs, égrainé les épis. Nous sommes même allé au champ récolter le maïs dans une ambiance chantante.
Une fois le boulot terminé, quartier libre pour visiter les alentours. Nous avons rencontré aussi une ONG du nom de Eco-Benin qui propose des circuits touristiques sur le site de Possotomé. On a donc eu l’opportunité de voir des
singes aux abords d’une forêt sacrée puis nous sommes allé pêcher au filet sur le lac. Un autre article détaillera mieux leur activité sur le site.
06 août 2006
2 initiatives intéressantes au Bénin
Depuis peu au Bénin, nous avons pu rencontrer autour de Ouidah les responsables de deux projets très intéressants qui diffèrent par leurs méthodes mais se rapprochent d'autant par leur pertinence.

- ECO-BENIN est une ONG créée par un groupe de jeunes diplômés béninois avec pour vocation de valoriser et aider les projets d’écotourisme au Bénin. Ils sont financés par les cotisations des membres, et leur démarche nous a séduit par sa pertinence. Formation des guides, sensibilisation des populations aux problématiques environnementales, promotion et construction de projet, le tout de manière sympathique et bénévole, les membres ayant tous une autre activité salariée. Ils reçoivent aussi des volontaires pour différents types de missions, et travaillent dans différentes directions. Nous visiterons plus tard certains de leurs projets, mais la démarche et les individus nous ont déjà convaincus.
Infos : www.ecobenin.africa-web.org

- DOUBLE SENS est une jeune entreprise créée par deux français. L’idée est de répondre à une demande de touristes souhaitant voyager et aider par leur travail dans le pays visité. Le séjour doit durer un mois un minimum, sur lequel une semaine est consacrée au voyage et à la découverte, avec une vocation solidaire et équitable. Le reste est consacré au travail, à travers plusieurs micro-projets dans différentes régions du Bénin. Le séjour permet un bel échange entre ces touristes particuliers et les locaux. Grâce à la formule, des cours d’informatique sont donnés chaque jour à Ouidah depuis
plusieurs mois, par groupe de niveau. De même, l’animation d’un orphelinat, lors de notre passage, était assurée par Miguel qui se faisait un plaisir d’organiser des tournois de foot après avoir aménagé un terrain. Bref, cette fois encore une démarche originale et convaincante, on ira prochainement faire leur séjour d’excursion.
Infos : www.doublesens.fr
05 août 2006
Ouaga-Ouidah : 1000 km, 35 heures
Dans la série « trajets pourris en bus », on en tient un beau.
Je vous préviens tout de suite, les photos n’ont absolument rien à voir avec le texte, mais bon j’avais rien d’autre sous la main…
Notre séjour au Burkina se terminant nous devions partir au Bénin. Par téléphone on réserve 3 places pour Cotonou, impeccable. Le matin on rame un peu mais on arrive à l’heure, pour entendre qu’en fait les places ont été vendues. On cherche un peu partout, on se galère et finalement le seul bus qui n’est pas encore parti est un vieux vieux machin, et il n’est pas parti parce que il est en panne…et il va pas à Cotonou mais à Lomé, mais les gars du bus nous ont dit qu’on n’aurait rien à payer au niveau des
visas pour le togo. En on sait déjà qu’on s’engage dans un plan galère, mais c’est ça ou retourner se coucher et attendre le lendemain.
Pour un départ officiel à 7h, le bus part à 10h30, et on s’est vite
aperçu de deux problèmes : pas d’embrayage, et un mec avec une pompe à vélo, à côté du chauffeur, qui pompe en permanence. On espère que ce n’est pas pour les freins. En ville c’est un peu compliqué, mais une fois le bus lancé ya pas de problème. A noter aussi la soute à bagages qui est fermée à l’aide d’une brosse à dent
On s’arrête souvent et on ne roule pas vite, mais comme on est bien crevés et que les paysages envoient du lourd ça passe bien jusqu’à la frontière togolaise. Là on déchante un peu vu qu’on doit payer 10 000 francs CFA chacun pour le visa du Togo (15 euros), les douaniers sont bien sympas mais incorruptibles, ce qui dans le fond fait plutôt plaisir. Et ils nous rappellent bien que si eux voulaient venir en France…
Après la frontière le bus est de nouveau en réparation pendant 3h, on en profite pour manger et goûter à la bière togolaise. Finalement
on repart à la nuit, clopin-clopant. Un peu dur de dormir vu que les
gens parlent très fort dans le bus, que les sièges sont pourris et les amortisseurs aussi, mais le mieux c’est que vers 1h du mat le bus s’arrête au milieu de rien, sur la route qui serpente entre les collines boisées. En fait tous les véhicules forment une colonne pour la nuit afin d’éviter les bandits. Pas vraiment une bonne nuit. On repart vers 7h, plus ou moins directement jusqu’à Lomé dans un paysage radicalement différent, les palmiers ont remplacé les baobabs, et la couleur verte domine.
Un taxi, puis une camionnette et on arrive à Ouidah. On y retrouve Gaetan, collègue de l’INA, et Jean-Pierre, professeur émérite de ce même institut pour quelques jours de repos.
Bilan : on est bien sales et crevés, on a payé bien cher mais pas de regrets, c’est encore une belle aventure à raconter.




