26 juillet 2006
TDS et le village de Boala

En cadeau Bonus pour commencer, la photo de groupe:
Nous retrouvons le groupe à Ouagadougou, un peu en dedans vu que la veille c’était la soirée de l’ambassadeur.
Quelques heures de route puis de piste et nous voici dans le village de Boala, en pays mossi, pour la deuxième partie du séjour TDS. L’organisation est similaire mais avec la différence majeure que Boala n’en est qu’à son second véritable séjour. Des organisateurs aux petits soins, une cuisine bien adaptée (genre l’énorme plat de frite qui arrive après le dessert, quand plus personne n’a faim sauf quelques heureux…) et des activités originales ont rendu le séjour bien agréable malgré de petits soucis de santé.
Bodjon, le coordinateur TDS, était en grosse grosse forme, prêt à
raconter une belle histoire à chaque temps mort.
Au programme, la montée au mont Fouti et ses 300 m d’altitude, le labour avec l’âne, la teinture, le forgeron, la visite du dispensaire, et bien sûr le
traditionnel petit foot du soir. On a même fini par faire un vrai match contre les jeunes du village, gagné 3 à 2 après une partie héroïque et un super but d’Anaël qui, pour son premier ballon et malgré un tenace mal de crâne, décocha une monstrueuse frappe des 20 m, qui tapa la barre, puis le sol, puis encore la barre avant de rentrer. Moi j’étais aux cages de l’autre côté et j’entends encore le bruit : BAM BAM !!
Sans transition, sur un plan plus analytique, le village semble prêt à recevoir d’autres groupes dans de bonnes conditions même si de petits soucis organisationnels et logistiques existent. Mais il faut dire pour leur défense qu’il ne doit pas être facile de satisfaire les désirs d’un groupe de français hétéroclite et braillard comme nôtre. Et tous les gens sont repartis ravis…
Pour plus d’infos sur TDS : leur site web www.tourisme-dev-solidaires.org .
25 juillet 2006
DOUDOU
A partir du 8 juillet nous avons intégré un groupe de touristes solidaires parti avec TDS. Direction doudou, un village d’accueil a environ 150 bornes de ouaga. On savait pas trop à quoi s’attendre quant au voyage organisé. Le groupe était composé d’une famille avec 4 enfants, un couple de jeune, une mère et son fils et quelques femmes mures voire plus, la trentaine bien tassée quoi... Du coup on a pu mettre notre grain de sel puisque il manquait les jeunes qui te montent la mayo !
Le premier jour on nous présente l’emploi du temps de la semaine, on nous explique le fonctionnement du village et après on visite, tout ceci dans un contexte très formel avec à chaque fois 3 ou 4 discours introductifs et autant pour la conclusion. 
Quelques explication sur les villages d’accueil : TDS a visité au départ plusieurs villages de brousse dans lesquels, il semblait y avoir une cohésion et une motivation pour monter un projet de tourisme solidaire. Ainsi 4 campements de voyageurs ont vu le jour dans 4 villages différents. Le but étant de créer une activité qui dynamise le développement du village et les infrastructures telles que les forages, les écoles, les dispensaires…Et même si les employés ne gagnent pas mieux leur vie en travaillant au campement, ils sont motivés par le fait qu’ils participent au projet.
Donc au programme, la tradition veut que l’on rencontre le chef du village et le chef coutumier. On lui apporte la noix de cola, une espèce de pêche pas mure sacrément amère. Apparemment ils se régalent ! Le reste de la semaine est se passe au gré des activité et du temps. Youpi ! demain travaux champêtre. Nous au taquet on se lève à 6 heures du mat, chaud pour manier la daba (pioche locale). Résultat on a du bosser 2 minutes chacun parce que les guides s’inquiétaient que les blancs ne souffrent d’insolation. S’en suit une visite chez la potière, la vannière et après direction le foot ; la France est en finale, ça c’est solidaire !

Bref l’ambiance de la semaine était plutôt détendue dans un endroit fort sympathique.
23 juillet 2006
La réception de l’ambassadeur

« Les réceptions de l’ambassadeur sont réputées pour le très
bon goût du maître de maison » Cette phrase résonnait dans nos têtes depuis bien longtemps, des montagnes de Ferrero Rocher, des robes de bal partout, le gratin de la ville, beau et souriant… Ce 14 juillet 2006 aura été pour nous l’occasion de pénétrer l’enceinte de la résidence de l’ambassadeur et ses drapeaux,
à l’occasion de la traditionnelle réception pour la fête nationale. Nous découvrons donc que ce n’est pas un mythe : l’ambassadeur a un budget spécial pour organiser une belle fête, et tous les français présent sont invités. Nous avons donc mis la tenue correcte exigée et nous sommes rendus sur place. Une fanfare et des drapeaux, nombreux, célébraient la gloire de la France. On a serré la main de M. l’ambassadeur et de sa femme, écouté son discours, puis la soirée a pu commencer. Tout se passe dans le grand jardin décoré de la résidence, environ 300 personnes au plus fort de la soirée avec une dizaine de bars différents et un grand choix de boissons. Le champagne fit une brève apparition mais le ricard, servi gaillardement, remplit son office. La piste de danse a bien chauffé, on a réussi une belle chenille, et bien rigolé. Sur la fin on était vraiment patriotes, et on espère que l’ambassadeur va nous inviter de nouveau, surtout que Damien a perdu ses tatanes quelque part dans le jardin. 

07 juillet 2006
Cap au Nord : le Sahel
On est de retour à la capitale pour quelques jours chez Matthias qui nous fait généreusement partager la vie des coopérants. Juste le temps de rencontrer quelques personnes, de récupérer le sac d’Anael (sans le Comté : les salauds !) et on file à Dori tout au nord, c’est la porte du Sahel.
Là bas, il y a un projet intéressant qui se met en place. Et à l’origine de tout ça, un jeune rasta dynamique (sisi ça existe).
Jean a quitté la Côte d’Ivoire et a fait ses débuts en tant que guide à Dori. Puis il a décidé de travailler avec le village de Yakuta pour accueillir des touristes et créer un écovillage. Il s’est fait connaître en usant avec malice l’outil Internet, et accueille déjà 4 stagiaires françaises cet été. Il souhaite ainsi avoir une étude plus sérieuse sur le projet avant d’adresser des demandes de subventions. Nous, on y croit dur comme fer à ce projet !

On est parti avec nos grosses motos pour visiter le site de Yakuta. C’est un chouette village entouré de dunes mais à côté d’un barrage. On a été accueilli par le chef du village, d’autant plus impressionnant qu’il a 6 doigts à chaque main. Les autres membres du groupement sont aussi bien motivés, et on a eut le droit à une visite très complète sur le terrain, avec la future maison d’accueil, le centre artistique, le champ biologique…
On a vécu à la cool dans son local, avec Anne et Audrey, les deux stagiaires. Nos journées étaient à l’africaine, rythmées par le thé, la sieste et les matchs de foot. Anael nous a fait une petite frayeur avec sa douleur à l’orteil : il est quand même allé à l’hosto et on lui a prescrit un sérum anti tétanos. Mais en fait il s’est charcuté tout seul et il n’a plus rien. Il commence fort le 3ème mousquetaire !!
06 juillet 2006
Chez Richard le catéchiste de Niansogoni.
Après deux ou trois projets à proximité de la ville,
nous décidâmes de conquérir le far far south-west dans la région de Baguera. Notre
contact c’est Richard. Il est investi dans plein d’actions au sein de son
village, donc un chouette projet de tourisme. La région est appelée
« grenier du Burkina », il y a de l’eau donc l’agriculture marche du
tonnerre : maïs, riz et plein d’autres choses. Nous atterrissons dans un
petit campement tout mimi avec vue sur la montagne au-dessus, qui ne doit pas
être loin du 2e point culminant du pays avec ses 550 m.
Le premier jour nous visitons un ancien village troglodyte protégé par un surplomb dans la falaise. Le lendemain debout aux aurores pour un trek sous le soleil de plomb. Nous bivouaquons dans le village de Faon juste à coté de la fontaine où l’on a pu voir le défilé des femmes collectant chacune son tour le précieux liquide de 6 à 8 h du matin. Un jour et demi plus tard nous voilà de retour au campement (sacrée rando !). On a gardé l’ascension de ce fabuleux pic pour le dernier jour.
Pour le dernier soir, on avait gardé la surprise d’anniversaire des 23 ans de Damien : Dolo, Pastis, Méchoui et balafonistes dans une ambiance très chaude sur la danse du n’importe quoi. Cela consiste à bouger dans tous les sens voire à se rouler complètement par terre pour les plus expérimentés.
Après
une bonne nuit de quatre heures de sommeil et mal au crâne, on était optimal
pour un voyage en taxi-brousse surbondé.
Autour de Bobo
Quelques jours de visites sur des projets intéressant autour de Bobo Dioulasso nous ont permis de voir du pays en mobylette.
Le vieux village de Bobo : C’est le premier quartier
historique de la ville, qui a gardé une grande indépendance et beaucoup de
tradition. Avant les touristes venaient seuls ou accompagnés de guides qui
n’étaient pas du quartier, et cela posait des problèmes vis-à-vis de la
population. Aujourd’hui « l’association des guides musiciens de
Bobo » est créée et un de ses membres accompagne chaque visiteur. Dans
l’idée c’est mieux, mais dans les faits c’est pas transcendant : on passe
par les magasins de ses potes, c’est vraiment crado et on a un peu l’impression
de se faire bobarder…mais bon c’était quand même sympa.
La forêt classée du Kou : à une vingtaine de km de
Bobo, c’est la dernière « forêt-galerie » de la région, et elle
abrite aussi les sources qui alimentent la région. Or depuis bien longtemps les
gens viennent se baigner dans les sources et abîment le lieu. Le travail,
financé par la coopération luxembourgeoise, a donc été de protéger la forêt,
déplacer la baignade et surtout organiser un tourisme qui serait guidé et géré
par les groupements villageois. Cette année les premières pluies ont emporté la
plupart des aménagements, mais le travail continue.
Le village de Koumi : c’est un vieux village
traditionnel à une vingtaine de km de Bobo. On trouve l’association des guides
à l’entrée du village, au bistrot. Pour discuter on leur paye un ptit
remontant, et la réponse la plus fréquente est « pas de problème ».
On rigole bien, surtout qu’on est dimanche matin, que le samedi on a bien
festoyé et qu’on les a accompagné au pastis. C’est parti pour la visite, un peu
n’importe quoi avec des échanges du type « et ça, c’est un
dancing ? » « non non, c’est une tombe ». Tout le monde
nous demande des cadeaux, on fait peur aux enfants… Le village est bien joli
quand même avec pas mal d’éléments intéressants, mais par rapport à tout ce
qu’on a pu voir dans les autres pays, c’est clair comme de l’eau de
roche : c’est bien plus à l’arrache en Afrique…





