30 juin 2006
Yaouuh on est à Bobo
Voilà le rendez vous fixé, on se retrouve tous les trois à
bobo. Damien est à la bourre évidemment (il enchaîne les faux plans). Au bon
souvenir du « j’arrive mercredi matin à Bobo », nous arrivâmes tout à
la joie de retrouver notre bon Damien.
L’enjeu est néanmoins important : nous allons
rencontrer Koné bougadare, un consultant de taille dans le tourisme solidaire. 1
m 82, 68 kg et un paquet de victoires à son actif, il est le représentant
Echoway au Burkina Faso. Il vient nous chercher en mob avec son frangin Mory
Koné. Un ange. Ou plutôt un diablotin qui nous fera découvrir la vie nocturne
de Bobo, dont il est soi-disant l’un des meilleurs danseurs...
Nous habiterons chez eux pendant une dizaine de jours, découvrant ainsi les joies de Bobo et de la vie africaine en ville. Des mobs, du thé, du riz-sauce, des clips de musique ivoirienne du matin au soir, du djumbé et le foot nous occuperont entre les visites.
Notre équipe Agrotour se chiffre alors à quatre. Nous
commençons par découvrir des organisations « écotouristiques » (ce
terme bien que très décrié pour décrire un tourisme respectueux des populations
locales et de l’environnement est pourtant bien aimé ici en Afrique) aux
alentours de Bobo.
29 juin 2006
Anael le 3e mousquetaire
Nous étions deux, et neuf mois après le départ nous sommes
maintenant trois. Anael nous a rejoint après avoir terminé avec succès son
année à Grenoble. Pour ceux qui ne le connaissent pas on s’est connu tous les
3
à Lyon… Petit et trapu, il faut pas l’emmerder mais sinon il est cool. Sa sœur
est orthophoniste, il aime beaucoup l’escalade et la spéléologie, et il a une
vieille R21 Nevada blanche.
Bref le voilà, il apporte sa touche technique et son talent
musical à l’entreprise. Il a déjà inauguré la première galère de bagages de
l’agrotour, son sac étant resté à Paris visiblement. Et comme on devait s’en
aller rapidement de la capitale, il a fait 15 jours avec les affaires des
autres. On se réjouissait à l’avance de retrouver le comté dans le sac après 2
semaines d’exposition sur l’aéroport, mais des gens sans scrupule s’étaient
déjà servi, guidés par je ne sais quelle intuition…
Sinon il a été assez performant sur les premiers cacas mous et les soirées, et s’est bien adapté au rythme de vie agrotourien. Nous attendons maintenant de nouvelles belles aventures tous les trois.
26 juin 2006
Du Mali au Burkina
Bandiagara est un gros village assez touristique. Amandine et Jeff sont stagiaires là bas et y habitent depuis plus de trois mois. Ils travaillent sur le nim. C’est un arbre originaire d’Inde et ramené ici en Afrique de l’Ouest. Yen a partout et avec le baobab, c’est un des seuls arbres présents dans ces paysages désertiques. Le Nim a été rapporté en Afrique, mais pas les savoir faire ancestraux faire qui vont avec. Pourtant, il a de nombreuses propriétés médicales (anti paludisme) et agronomique.
Jeff et Amandine, nos deux agros, bosse sur ses qualités protectrices contre les insectes. Les graines du Nim, sous forme d’huile, protègent les semences stockées contre les insectes et, appliquées au champ, peuvent augmenter les récoltes de manière naturelle. L’enjeu est important. Dans la région, les agriculteurs ont été poussés à consommer des insecticides chimiques pour leurs cultures. Mais bien souvent, ils ne savent pas lire, et donc ne connaissent pas le mode et les doses d’application. Au final, beaucoup de terres ont été bousillées. Cet insecticide naturel pourrait donc être très bénéfique pour les paysans.
Après quelques jours passés en leur compagnie, je suis reparti pour une mission transport vers le Burkina. J’ai en effet rendez vous avec Pierre et Anael à Bobo Dioulasso. 650 km à nouveau, mais cette fois je suis prévenu : va y avoir des galères ! Ca n’a pas loupé, le bus qui devait faire la liaison directe ne part pas car il n’a pas assez de clients. Ca commence bien ! Je prends donc le premier bus qui part dans la bonne direction, et je m’arrête dans une petite ville en chemin. Pas de bol, il n’y a pas d’hôtel et il est déjà minuit. Finalement, je passe la nuit dans la cour de la gendarmerie. Trois changement de bus plus tard, quelques heures d’attente et un passage de frontière « à l’africaine », je retrouve les deux compères à Bobo Dioulasso.
25 juin 2006
Randonnée au Pays Dogon
Sans entrer dans les détails, le Mali est composé d’une grande mosaïque de peuple : les Touaregs au nord, les Peuls qui sont éleveurs nomades… A Bandiagara, ceux sont principalement les Dogons. On a fait une randonnée de quatre jours en faisant des haltes dans leurs villages accrochées à la falaise. On est parti avec Adi, un ami de Jeff et Amandine. Il est Dogon et nous a raconté leur histoire assez complexe. Il nous a présenté au grand Hogon, le vrai, l’unique, celui qui vit seul haut perché et ne sort jamais de sa maison. On a eu droit à une petite cérémonie, avec cadeau et noix de Kola.
Les villages Dogons sont très jolis et différents les uns des autres. Ils ont des greniers très caractéristiques, où ils stockent le mil et le sorgho. En fait, vers le 11ème siècle, ils ont pris la place des Tellems, peuple troglodyte qui vivaient dans les falaises. Du coup, ils sont perchés là haut, loin des puits d’eau mais dans un cadre trop beau.
On a beaucoup marché, souvent sous une chaleur torride et sur le sable brûlant : dans le désert, sur la falaise. On a pu prendre conscience de l’importance primordiale de l’eau : on était comme des fous dès qu’on croisait un puit et on buvait près de 6 litres par jour (tout ça qui partait aussitôt en transpi). On a marché dans des paysages superbes aux couleurs impressionnantes.
Adi nous a présenté à ses amis dans les villages, nous a raconté ses petites histoires, et on a passé les heures chaudes de la journée à taper la belote. Bref, quelques jours de rando bien crevants mais aussi bien intéressants.
20 juin 2006
Baptême africain
L’étape africaine tant attendue… pour découvrir son atmosphère et son rythme de vie. Et bien je n’ai pas été déçu. Et cette ambiance a commencé dès l’embarquement à Paris, où c’était un gros bordel. Des malles immenses, des bagages dans tous les sens, plein de monde qui s’agite et qui essaie de refiler des valises parce qu’ils dépassent les kilos autorisés. Dans l’avion, c’est pareil : on est 4 pour 3 sièges, les gamins piaillent, un mec fume dans les toilettes…l’hôtesse de l’air pète un câble !
Arrivée à Bamako, c’est la chaleur qui nous épuise, et rapidement les guides cherchent à m’embrouiller. Après une courte nuit, mon objectif est de rejoindre Bandiagara dans la journée pour retrouver Amandine et Jeff, amis de ma chère ENSAIA en stage là bas. Faut dire qu’il n’y a que 650 km. Pour un novice de l’Afrique, ça peut paraître jouable en une journée. Et bien je n’y arriverais pas !
Je commence par une embrouille à Bamako : je fais confiance à un pseudo guide qui me dit qu’il n’y a plus de bus direct pour Mopti (erreur !) et le suis jusqu’au carrefour à la sortie de Bamako. Là, je prends le premier bus qui m’arrête à Ségou, j’ai payé le double (raisonnable mais je suis quand même dégoûté !). J’attends. Je prends un bus qui s’arrête 50 mètres après la gare, juste après le virage : panne. J’attends 2h sous le cagnard ! Je remonte, et j’apprends que le bus ne va pas à Mopti comme prévu.
Bon, étape supplémentaire, je m’arrête à mi chemin. Je commence à perdre espoir pour mon objectif de la journée. Une crevaison après, et l’arrêt prière à la tombée de la nuit passé, je rejoins Mopti à 1h du mat’. Je comprends donc bien vite qu’il ne faut pas avoir un planning trop serré ici. Il reste une heure de route jusqu’à Bandiagara que je ferais le lendemain matin. J’arrive chez Jeff et Amandine, bien heureux de les retrouver après cette bonne galère bien marrante au final.
14 juin 2006
L'oeuf ou la poule
Voici venu le temps de vous narrer une rocambolesque action qui m'est arrivée lors de mon ptit tour dans la brousse...
Nous arrivons dans le village au charmant nom de V3 (faute d'entente, un village a été divisé en 4 villages qui s'appellent V1 à V4, et qui ne s'aiment pas trop...) afin de voir ce qui se fait en matière d'artisanat. Le délégué sensé nous accueillir n'est pas là, nous demandons donc aux gens présents s'ils ne connaissent pas des gens qui font des choses avec leurs mains. Les gens présents sont musulmans et passent leur journée à la mosquée. Après la prière l'un d'eux nous emmène dans une cour (une cour rassemble plusieurs cases avec une petite enceinte en terre cuite, et regroupe les membres d'une famille, le terme famille étant à prendre au sens large).
Nous saluons d'abord respectueusement le chef de famille. Là se trouve une dame qui file le coton, nous prenons son nom, discutons un chouia. Une autre dame fait des paniers, nous l'interrogeons également.
Au moment de prndre congé le chef de famille nous dit d'attendre, il veut nous offrir un cadeau. Il va dans le poulailler et revient avec une dizaine d'oeufs. Ambroise, notre collègue et traducteur, lui dit qu'il préfèrerait une poule. On se sent un peu cons mais Ambroise nous dit qu'on est en Afrique et que ça se fait... Le vieux repart avec ses oeufs.
UNe des femmes part et revient avec un épi de maïs. Elle en jette un peu par terre pour faire venir toutes les poules qui se baladent dans la cour. Le vieux cherche celle qu'il veut nous donner mais il ne la trouve pas. Après un bon moment il la voit dehors. Il lance les 15 gamins à sa poursuite, mais la poule est vaillante et la traque dure bien 10 minutes. Nous on rigole bien pendant ce temps...
Au bout d'un moment un des gamins finit par la choper. Il la donne au vieux qui nous la donne. Nous le remercions cérémonieusement et partons sur nos mobylettes avec notre poule, plus le coq du village d'avant et les 15 oeufs du voisin. En 2 jours, ce sont 5 poules et une cinquantaine d'oeufs qui nous rempliront la panse et le coeur. L'hospitalité c'est quand même quelquechose ici...
13 juin 2006
Avec Bronco dans la brousse
Moi et Bronco on est parti visiter un projet et se balader dans la (cam)brousse au Sud-est du Burkina. Bus pour Tenkodogo et vélo ensuite. C'est assez incroyable de voir ces gens qui vivent dans de petites cases au rythme des travaux agricoles. Tout fonctionne à la débrouille, pneus et carcasses de voitures étant à la base d'une multitude d'objets. Plein d'enfants partout, genre au milieu de rien tu croises un gamin de 3 ans, à poil, en train de se balader...
Ils doivent pas voir des masses de blancs, et quand les enfants me voient ils dansent, sautent partout et crient "dassara dassara", ce qui littéralement veut dire "le blanc le blanc".Le projet de l'association est bien sympa, en fait avant ils recevaient des jeunes en réinsertion pour faire des chantiers à Oumoghin et leur montrer les valeurs africaines: respect, famille... Mais depuis un changement de gouvernement ya plus de sous pour ça, donc leur idée est d'utiliser les infrastructures pour accueillir des touristes. Les gens sont vraiment adorables et le dépaysement total. infos www.tempelga.fr
Lors de mon passage il y avait une stagiaire qui bossait sur l'artisanat, donc on faisait le
tour des villages du coin pour voir ce que les gens faisaient comme artisanat: poterie, tissage, bijoux. Donc toute la journée à se balader dans la brousse et à se faire accueillir dans les villages avec du dolo (la bière de mil), du to (genre de polenta de mil) et surtout des sourires. A chaque fois des rencontres hautes en couleurs, des bottes en cahoutchouc aux nichons...
Quand on arrive dans un village en 3 minutes ya 30 personnes autour de nous, c'est l'attraction... Je suis allé voir le marabout, j'ai salué les chefs de villages en m'inclinant bien, on s'est fait offrir des poules et des oeufs, serré 5000 mains...
Bref excellent trip, que j'ai fini par quelques jours tout seul à vélo, avec un accueil incroyable dans les villages paumés.
Bronco, le plus fort vélo
Pour repartir sur de bonnes bases avec l'agrotour, je suis arrivé à Ouagadougou, capitale du Burkina Faso, pour 2 semaines avant l'arrivée de Damien, qui passe d'abord par le Mali, et Anael notre recrue de l'intersaison.
Le choc culturel est de taille, autant avec la France qu'avec les autres pays traversés précédement. Les gens sont tout noirs !! Ouagadougou (ouaga pour les intimes) est une ville sympathique, à échelle humaine, avec plein de maquiq où on peut manger des brochettes en buvant des bières, voire écouter des concerts...
Pour me balader en ville comme à la campagne, j'ai acheté après une dure négociation un beau vélo bleu. Il s'appelle Bronco et c'est le plus fort vélo. J'en suis assez fier, lui et moi on va faire plein de trucs ensemble. Mais j'ai rapidement eu des souçis vu que les vendeurs avaient ni serré ni graissé, donc ça pose des problèmes... Mais maintenant c bon, on est prêt.



