30 mars 2006
Frontières, bus et douaniers…
Il existe un bus qui va directement de Managua au Savador : 10h, 28 dollars. Trop cher. Je me mets au défi de faire le même trajet pour deux fois moins cher. Mission accomplie : 7 bus différents, 11h et seulement 8,5 dollars ! Et en plus, il y a quelques histoires marrantes :
Au Honduras, notre bus se fait arrêter pour un contrôle d’identité. Tout le monde dehors, passeport à la main. Le policier bloque sur le mien, le feuillette et le garde, sans dire un mot. J’ai fait une connerie ? Il m’emmène dans leur bureau et là, un peu gêné quand même, il me demande : Que tàl la India ? J’hallucine ! Le policier fait poiroter un bus entier pour me demander comment c’est l’Inde.
A la frontière entre le Honduras et le Salvador, il y a une énorme file d’attente, et un médecin distribue des médocs aux personnes entrant dans le pays. Arrivé mon tour, intrigué, je lui demande à quoi ça sert. Il me répond que le gouvernement fait une campagne et distribue gratuitement ces anti-paludéen et anti-dengue. Il assure qu’avec trois pilules t’es entièrement protégé pour deux semaines. Septique, je lui explique que nous en France on n’a pas de traitement aussi efficace et que je suis étonné de la générosité du gouvernement (sachant que nos cachetons de Malarone coûte trois euros pièces…). Mais je m’enfile qund même es médocs et c’est vrai, ils avaient un fort goût de Quinine…
29 mars 2006
Remontée de l’Amérique centrale : le trip volcans
Tout le long de la côte pacifique, il y a plein de volcans. Ils appellent ça la route des volcans. Mais rien à voir avec l’Equateur, où les volcans sont perchés dans la cordillère des Andes à des altitudes de 4000 à 6000 mètres. Non ici c’est le calme plat, des grandes plaines et soudain des cônes parfaits qui s’élèvent pour autours de soi. Ca créé un paysage assez particulier, ça ressemble à ça :
Et bien sûr, c’est comme un appel à l’ascension, ça vous attire, pour avoir un superbe panorama de toute la région. Alors je me suis pris d’un trip volcans.
Le volcan Masaya, le plus impressionnant. Arrivé au sommet, on surplombe un immense cratère d’où s’échappe une épaisse fumée qui pue le souffre. Ca s’active sévèrement là-dedans !
Et puis le plus beau, le plus majestueux, le cône parfait : le Momotombo. C’est l’emblème du Nicaragua. Une belle grimpette sous le soleil brûlant de midi, à flanc de volcan sur la lave noire : tu fais un pas, tu recules de deux ! L’effort est récompensé : vue magnifique sur le lac de Managua…
28 mars 2006
Le Nicaragua en solitaire
Passage de frontière entre le Costa Rica et le Nicaragua : c’est deux mondes. Le Costa Rica m’avait frappé par son développement (apparent), son organisation, ses institutions bien rodées (ya une sécurité sociale comme chez nous !). Mais là, grosse différences ! Le Nicaragua est le deuxième pays le plus pauvre de l’hémisphère nord après Haïti, et ça se voit ! Retour à la pauvreté plus flagrante dans les rues…mais toujours la générosité et la joie de vivre ! J’ai eu de belles rencontres…
Dès la frontière, on s’entasse tous dans un bus. Je me retrouve au fond, avec des bad boys approchant la soixantaine. Ca rigole, ça déconne. Je leur explique mon voyage, et leur tend ma flasque pour leur faire goûter le Zhumir, alcool équatorien. Ils la finissent en une tournée. Ils se mettent à chanter des paillardes en espagnol local et chambrent les quelques nanas présentes. Et oui, le machisme est bien présent ici !!
Je fais escale à Granada, une jolie ville coloniale pleine de charme, sur les bords du lac de Nicaragua. Je ne reste pas seul bien longtemps puisqu’une bande de chauffeurs de bus n’accoste et m’emmène avec elle. On parle de leur pays, de leur boulot et de leur eldorado tout proche…le Costa Rica. Enfin, grandes discussions accompagnées de bières, bien sûr !!
A Managua, les touristes ne courent pas les rues. Et pour cause, elle a réputation d’être la ville la plus dangereuse de l’Amérique centrale. J’y serais que de passage, pour rencontrer à l’Institut du Tourisme les responsables d’un projet de développement du tourisme communautaire, mais toutes les personnes rencontrées me diront : « Ne restez pas là, c’est dangereux » ou « Prenez un taxi ou vous allez vous faire agresser »… c’est sûr, comme ça les touristes, ils ne restent pas !
27 mars 2006
Sur l’île de Chira
Il y a encore 5 ans, l’île de Chira ne vivait que de la pêche. Isolés, les habitants ne se rendaient sur le continent que pour vendre leurs poissons à des négociants. Ils passent leurs journées sur la mer afin de ramener du poisson, mais cultivent également des mollusques en utilisant la mangrove de l’île. Toute l’économie de l’île dépendait donc uniquement des produits de la mer et subissait les aléas de production et du marché. Et leur situation se dégradait d’année en année.
Les femmes, ne pouvant plus subvenir aux besoins de leurs enfants scolarisés, se montent en association et réfléchissent à une activité qui pourrait diversifier les sources de revenus. Elles se lancent dans la construction d’une auberge, avec l’idée que le tourisme serait une source extérieure d’argent et permettrait donc de stimuler l’économie de l’île. Les hommes ne croient pas au projet. Elles se sont quand même battues et aujourd’hui sont fières de leur réussite, l’accueil des touristes a permis l’élévation sensible du niveau de vie de l’île et a permis la création d’autres activités liées au tourisme, comme une fabrique de fromage, un centre d’artisanat.
Aujourd’hui, la pêche reste toujours l’activité principale de l’île, mais le projet touristique assure un débouché pour le poisson et a permis de diversifier les sources de revenus. L’île de Chira reste un monde à part, isolé du continent, et maintient sa culture traditionnelle de mollusques.
Nous y avons passé trois jours en compagnie d’une équipe d’étudiants vétérinaire. Ils étaient là pour réaliser leurs services à rendre au gouvernement à la fin de leurs études. Au programme, balades, vélo, pêche et rencontres des habitants de l’île.
Fransisco vit seul dans sa hutte de bois, de manière totalement autonome en cueillant ses fruits, cultivant ses racines et capturant sa viande. Lors d’une randonnée, il nous a invité dans sa cabane toute simple, a partagé ses fruits et nous a raconté avec passion son mode de vie à la Robinson. On a été charmé par l’atmosphère de l’île comme coupée du monde et la tranquillité de vie, mais aussi par le projet en lui-même et les villageois festifs et la main sur le cœur…
24 mars 2006
Chez Eric et Anna au Costa Rica
On quitte l’Equateur avec un vol pour Panama city, juste pour survoler la Colombie. Pourquoi ? Danger, agression, kidnapping, cartels puissants de la drogue et guérilla… bref c’est une destination rouge pour le gouvernement français. Au grand étonnement de tous les voyageurs qui ont traversé ce pays (magique parait-il) et de Juliana, la colombienne rencontrée au Cambodge, qui nous faisaient l’apologie de son pays, ses paysages et ses habitants chaleureux. On est ferait trop?
De Panama city, on verra que ses innombrables Mac Do sur la route de l’aéroport, et son immense terminal de bus : on va directement au Costa Rica chez Anna et Eric.
Eric restera une rencontre marquante, il est plein d’expériences et a la main sur le cœur. Il est français et a passé 6 ans à parcourir le monde à vélo. Il a écrit un livre sur son aventure (« Voyager à vitesse humaine », Eric Gay) au Costa Rica, et s’est là qu’il est tombé amoureux de Anna. Il s’est installé près de San José et s’est lancé dans le tourisme en proposant des séjours à thème différents de la route classique ultra fréquentée par les touristes. Il travaille aussi avec des initiatives de tourisme communautaire. Allez voir son site : www.internatura.frcr.com. On ne peut que le recommander si vous voulez découvrir ce pays, le séjour sera forcément enrichissant.
Ils nous ont accueilli les bras ouverts. On s’est posé quelques jours là bas, et on fait quelques excusions à la journée, profitant des nombreux parcs naturels pour faire quelques randos.
Visite intéressante : l’université EARTH (Ecole d’Agriculture des Régions Tropiques Humides). C’est un énorme campus de 3 000 ha… pour 500 étudiants seulement ! Un cadre parfait, les conditions idéales pour étudier (www.earth.ac.cr).
17 mars 2006
Echoway, les sentiers du tourisme solidaire
Alors que nous nous rendons au Forum international du tourisme solidaire (FITS) au Mexique pour représenter
l’association Echoway, il nous a semblé intéressant de présenter l’un de nos partenaires les plus importants. En effet chaque fois que nous visitons un projet sympa, nous remplissons une grille d’évaluation selon différents critères écologiques et solidaires. A partir de celle-ci et si le projet en vaut la peine, nous écrivons un article illustré de photos pour présenter le projet sur le site web et donner toutes les infos utiles au futur visiteur.
Echoway est née du constat qu’il existait dans le monde des projets touristiques écologiques et gérés par des locaux, mais que leur principal problème était de se faire connaître. D’où l’idée d’un site offrant un espace de promotion à ce type de projets…globalement nous nous sommes bien retrouvés dans cette idée et sommes donc investis dans l´association.
Sur le site www.echoway.org , vous trouverez cette carte avec des tas de projets de tourisme écologique et solidaire dans de très nombreux pays. Depuis la ferme organique au Laos jusqu’à la protection des tortues au Mexique ou des projets menes par les aborigenes en Australie, il y en a pour tous les goûts, et le nombre de projets présentés augmente chaque mois. Ce sont également souvent d’excellentes pistes pour des stages, en agro ou en tourisme par exemple, mais aussi de nombreuses offres de volontariat dans tous les domaines. Enfin, on peut trouver sur le site information et bibliographie sur le tourisme solidaire, des idées et conseils pour voyager écolo, des « cartons noirs », des éclaircissements sur des situations liées au tourisme et plein d’autres choses…
Si vous partez dans un pays avec un peu de temps, vous pouvez si cela vous tente rejoindre l’association, expertiser des projets et écrire pour le site. Si egalement vous connaissez des projets, nous sommes preneurs de tout contact intéressant! Toute aide est la bienvenue, n’hésitez donc pas nous écrire pour plus d’infos à agrotour1@yahoo.fr .
16 mars 2006
Quelques rencontres équatoriennes…
En forme de bilan de l’Equateur, voici quelques rencontres, humaines ou animales, qui ont marqué notre séjour en Equateur :
Les insectes EEEENORMES !! Matez le papillon :
Les gens ne sont pas très grands en général, mais là on frise les records : une petite vieille qui était bien marrante : elle ne faisait pas vraiment des mots mais rigolait tout le temps… Et elle aimait bien le contact humain, genre là ça se voit pas mais pendant la photo elle nous tripote un peu…
Amis de la chaîne du froid bonjour !! Un bon marchand : Il vend des crabes et des poissons sur son vélo dans la sierra, à 2500m d'altitude et 300km de la mer…
Des singes : à puerto misshawalli, il y a des singes qui habitent sur la place du village et s’amusent avec les passants. Un gars a allumé une clope, et en 30 secondes les singes lui ont piquée et se battaient pour la sniffer et bouffer le tabac… Et après ils ont continué de sniffer le filtre pendant un bon moment, du coup ils puaient le tabac et étaient un peu hystériques…et en plus ils avaient des puces.
11 mars 2006
l'Equateur en famille
Toute la famille Bouteiller est venue nous rejoindre en Equateur pour visiter ce beau pays. Il serait très long de détailler tout ce qu’on a fait car avec guide, chauffeur et la motivation de ceux qui travaillent le reste du temps, on n’a pas chômé… Lui, c’est mon papa. Il a pris plus de 3000 photos en 15 jours avec son nouvel appareil. Là, c’est le groupe, quand nous sommes montés au refuge du volcan Chimborazo à 5000m (je ne dirai pas où était le parking). Damien s’est bien intégré dans la famille, et tout s’est très bien passé. Nous avons vu la sierra, Les rencontres ont été riches, et nous avons pu profiter des joies du carnaval : bataille d’eau et de mousse, bonnes soirées, don d’alcool dans la rue à toute heure, taureaux, concerts, et surtout plus personne ne travaille, ce qui donne une belle ambiance. Bref, un bon séjour où je pense que chacun a bien profité !! Et pour les adeptes de chenilles en soirées, de plus en plus nombreux, en voici une sympathique.
Lui, c’est Daniel, le guide, il n’a pas craqué malgré un public difficile et a été très bon jusqu’au bout.les volcans, la jungle, les belles villes de Quito, Cuenca, Guayaquil et ses iguanes, un volcan en éruption, des colibris et autres oiseaux et animaux…
La ligne de l’Equateur
Un peu au nord de Quito, il y a un lieu pour les touristes où l’équateur est matérialisé par une ligne. Comme ça on peut faire des photos. Et comme ça fait déjà un paquet d’articles sérieux que l’on met, et qu’on sait que c’est pas ça qui fait vendre…
Il y a quand même une petite dimension historique liée au fait que c’est là que Charles de la Condamine et son équipe ont fait les calculs, à la fin du 19e siècle, pour trouver l’Equateur. Mais après avec le GPS ils ont trouvé que c’était quelques centaines de mètres plus loin, mais bon l’important c’est le symbole…
05 mars 2006
Ambiance familiale dans la communauté de San Clemente…
Allez, on passe l’équateur et on se retrouve dans l’hémisphère nord. On est allé visiter un projet de tourisme communautaire près d’Ibarra, au nord de Quito, dans la communauté de San Clemente. Le village se trouve sur les pentes de l’Imbabura, un volcan majestueux qui se dresse à 4 800 mètres.
La communauté, bien rurale, vit encore principalement de l’agriculture. On a d’ailleurs pu s’essayer aux techniques traditionnelles : le labour tiré par 2 bœufs. Et bien c’est pas évident à contrôler, d’autant plus qu’il faut leur parler en Quechua !
On se sentait très bien à San Clemente, avec la maman qui nous préparait d’excellents repas, et le papa qui nous a présenté à toute la communauté. Il en connaît un rayon d’ailleurs le Manuel : les espèces cultivées, les plantes médicinales aux propriétés magiques… mais il est également passionnant sur les problèmes politiques et l’avenir de son pays.
Notre rythme de vie était assez sain, sans tomber dans celui du grand père qui lui se lève tous les matins à 1h pour promener ses vaches jusqu’au lever du soleil, sans oublier son petit coup de gnôle (ici, alcool de canne à sucre) puis il travaille la terre, et dans l’après midi il garde les cochons. A 18h, il dort déjà à poings fermés.
Logés au pied de l’Imbabura, on est parti un matin à son ascension avec Capitan un bon chien, qui nous montrait le chemin et nous attendait à chaque fois que notre respiration se faisait plus difficile. On est monté à 4 600 mètres sous un soleil de plomb, laissant les 200 derniers mètres devant nous car ils étaient impraticables sans matériel.




