Nous avons rencontré notre contact de l’ONG Mlup Baitong vendredi soir, et le lendemain matin nous voilà parti pour Chambok, village à la bordure du parc national de Kiriom, proposant de l’écotourisme communautaire.

chaDepuis de nombreuses années, la forêt a été ravagée par les habitants n’ayant que ses ressources pour vivre. Plus de 90% des villageois étaient dépendants de la production de charbon et de bois de chauffage. Pour proposer une  source de revenus alternative à l’exploitation du bois et ainsi lutter contre la déforestation de cette région, l’ONG a proposé la création d’une activité touristique. Celle-ci est en place depuis 2003, avec comme principale attraction une chute d’eau impressionnante. Elle est gérée par un comité élut qui décide de l’utilisation et de la répartition des fonds, des investissements communautaires à réaliser…

Les impacts positifs sont notables (régénération de la forêt, amélioration des revenus, prise de conscience de l’intérêt de la protection de la nature, etc.) même si chaque jour on voit encore de nombreux camions chargés de bois pour être vendu à la ville…

familleCe séjour a été pour nous une immersion totale dans la culture Khmer. Accueillis par une famille de parlant pas un mot d’anglais, le premier repas a été une série d’incompréhensions mais au fur et à mesure, on a appris quelques mots indispensables du genre « hope baï » = manger du riz, « Aan Kun » = merci ou encore « Souss Taï » = bonjour. Bref, les échanges ont été limités (outre les 25 Hope baï et Aan Kun par repas), mais on a bien rigolé de cette difficulté à communiquer. Une traductrice était là de temps à autre pour nous aider.portrait

On a donc partagé le même toit pendant 5 jours, je veux dire la même pièce, parce que leur maison n’est constituée que d’une unique chambre. Très rustique donc, dans une maison sur pilotis, avec les canards, les poules et les cochons qui gambadent la nuit sous notre lit. Quand on est réveillé à 5h par le coq ou quand les poules viennent picorer les miettes entre nos pieds pendant le repas, on a une petite pensée pour vous, nos mamans, qui vous inquiétez de la grippe aviaire… Mais rassurez vous, sur place ce n’est pas si dramatique que le laisse apparaître CNN ! Apparemment, selon les journaux ici (Sarkosy a quand même fait la une !), cela reste encore plus sûr d’être dans la campagne cambodgienne que de se balader après 22h dans les grandes villes de France !

Mais ici après 18h, une fois la nuit tombée, plus rien à faire. On se couche donc pour passer des nuits de 12h, une vie très saine quoi !!

seminaireEn début de semaine, on a assisté à un séminaire sur « Community Based EcoTourism », avec des bonhommes du gouvernement, des thaïlandais, des porteurs de projets communautaires… de quoi rencontrer plein de gens dans le milieu, et faire un bon carnet d’adresses. Ca nous a permis de nous mettre en relation avec des réseaux d’écotourisme communautaire dans toute l’Asie, de belles avancées. Mais, à part certains types vraiment très intéressant, la classe a été très difficile. Sur le principe du séminaire d’entreprise ou de la formation théorique Bafa, ça n’avançait pas. Il nous a fallu un après midi entier pour définir des horaires qui plaisent à tout le monde, et les règles du style « ne pas fumer en classe » ou « enlever les chaussures » !!